"Vos récits
font nos créations"

Marie-louise, Le Ponchel


 

C'est un oncle, célibataire, qui a donné ce terrain à ma mère. Comme ça on pouvait planter un peu de tabac pour vivre.

Moi, je me suis mariée en 45 et deux ans après j'ai divorcé.
Et j'ai trouvé du travail, ça c'était une étoile pour moi d'avoir trouvé du travail, pour pouvoir élever mes enfants. C'était la laiterie en 51. Déjà, j'avais jamais travaillé en usine mais enfin, je m'y suis mise. J'ai travaillé, …On emballait les fromages tout ça quoi. On faisait du fromage à Willencourt et avec l'argent que je gagnais, je pouvais soigner, élever mes deux enfants toute seule.
Ma mère est tombée malade et elle est décédée en 60. Mes enfants avaientt dix et douze ans. On faisait du fromage, il y avait un maître-fromager et nous on emballait le fromage. C'était mon travail quoi. On faisait des camemberts…on a peut-être fait un peu de Coulommiers aussi puis, des "Port-Salut". On était bien trois, quatre, cinq femmes peut-être…à faire l'emballage du fromage. Il y avait ceux qui fabriquaient, le chef fromager et puis d' autres ouvriers faisaient cailler le lait qu'on ramassait dans le coin. Et les chauffeurs qui ramassaient le lait avec des bidons.<br/> Mais vous savez je partais quelquefois à trois heures du matin quand il y avait des grosses commandes. Et j'avais peur, c'était la nuit, dans le noir, je partais à pied parce qu'il m'avait pris mon vélo, il m'a tout enlevé alors, j'avais plus rien. Mon vélo de certificat, c'est le cas de le dire. C'était un cadeau que ma mère m'avait fait, pour mon certificat d'études j'avais eu un vélo. Il fallait bien que j'aille à pieds, mais…vraiment j'avais peur sur la route de Willencourt. Il y a quand même deux, trois kilomètres . Avant le pont, vous connaissez Willencourt? ...

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