"Vos récits
font nos créations"

Jules


 

On était une grande famille de douze enfants. C'était la ducasse tous les jours quand on mangeait à midi.
Natif de la cité de la Clarence, dans les corons à Divion. Mon père était mineur. Le père, le grand-père et les oncles… Une grande famille de mineurs. En principe, mineurs de père en fils. Le Nord-Pas-de-Calais, c'était les houillères et les usines. C'était de père en fils.
J'ai commencé à seize ans, en 44. Tout jeune, comme « galibot ». Après d'échelle en échelle, un galibot devient un apprenti. En étant galibot, disons qu'on travaille avec un ancien. L'ancien, fait plutôt le reboisage, l'entretien. Après, quand on a grandi, bien sûr, on devient rouleur. C'était rouler les berlines, et après, petit à petit on va à l'abattage. C'est plus dangereux aussi. Il y a le traçage, la brouette et puis la taille. Mais la taille, ça s'apprend, petit à petit. Faut aimer quand même le métier de mineur. Il y a eu des températures jusqu'à 38°. Fallait ne pas faire grand chose pour être tout mouillé. Simplement se promener, on était tout en sueur. Mais quelle la poussière! La chaleur et la poussière! A la fin de la journée, le pantalon, propre du matin, tenait debout tout seul, il était raide. On pouvait s'enfiler dedans. Comme amidonné par la sueur et la poussière.
Malheureusement, la poussière Il n'y a pas que la figure et le corps noire J'ai les poumons qui sont pris aussi. Je suis silicosé aussi. Le médecin, dit soixante dix pour cent... ...

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